Château de Pontchartrain : où en est le projet ?

Château de Pontchartrain : où en est le projet ?

Un certain nombre de publications sur le sujet du projet du château de Pontchartrain et de son parc circulent. Les informations communiquées ne sont pas toujours justes ou d’actualité. Une mise au point factuelle est donc nécessaire.

Le château de Pontchartrain, monument historique remarquable, est en vente depuis 30 ans. Différents projets se sont succédé et n’ont jamais abouti. L’état de l’édifice est très mauvais et inquiétant pour sa pérennité (plafonds effondrés, toitures bâchées, bâtiments annexes effondrés ou sous cloche protectrice).

En 2019, le promoteur Azurel a acheté le château de Jouars-Pontchartrain aux frères Lagasse pour 7,5 millions d’euros. Ce dernier l’a revendu 10,5 millions d’euros au promoteur Histoire et Patrimoine, filiale du groupe Cogedim spécialisée dans la restauration de bâtiments historiques. Ce promoteur restaure des bâtiments historiques à des fins de création d’habitations pour des investisseurs recherchant les avantages de la défiscalisation "monuments historiques".

Un premier permis de construire (PC) a été déposé, en 2019, pour la création de 86 logements. Le projet a été monté avec un architecte du groupe, spécialisé en rénovation historique. Le permis a été présenté au public et aux associations et aucun retour négatif n’a été exprimé. Le projet a été validé par le conservateur de la DRAC (ministère de la Culture et des Monuments Historiques). L’équipe municipale précédente a approuvé ce permis et la vente a pu être considérée parfaite.

Le programme a été mis en vente en 2020. Il semble que 70 à 80 % des appartements prévus sont déjà sous intention d’achat.

Deux éléments nouveaux ont contraint Histoire et Patrimoine à déposer une nouvelle demande de permis de construire.
Le temps de la surprise du premier permis passé, les associations, dont l’ASCERB en tête, ont réalisé que ce patrimoine allait être vendu à la découpe et se sont mobilisées contre le projet. De multiples actions ont été lancées à haut niveau. Sous pression, la DRAC a haussé ses niveaux d’exigence en qualité de restauration, demandé de déplacer les logements sociaux et les parkings et a voulu également que certains bâtiments en ruine (l’Orangerie par exemple) soient restaurés. Cela a conduit Histoire et Patrimoine à augmenter le nombre de logements.
D’après les échanges avec le promoteur, il semble que les plus grands lots à la vente trouveraient plus difficilement acheteurs. Histoire et Patrimoine en aurait profité pour redécouper les plus grands appartements en plus petits, plus facilement commercialisables. Cela aurait conduit à accroître le nombre de logements.
Le nombre total de logements s’accroissant, il en résulte mécaniquement, du fait de la loi SRU et du PLU 2019, que le nombre de logements sociaux augmente aussi, passant de 18 à 25. Un nouveau permis de construire, réalisé avec le même architecte que pour le premier, a donc été déposé fin décembre 2020 pour 109 logements.

La nouvelle équipe municipale a travaillé à l’instruction de ce permis en commission municipale réunissant conseillers majoritaires et minoritaires et avec les équipes de la Communauté de Communes Cœur d’Yvelines. Elle a partagé le projet avec les associations et les différentes institutions impliquées. Des points problématiques ont été identifiés par rapport aux règles du PLU 2019 dont les plus importants sont les suivants :

  • le nombre de place de parking,
  • certaines constructions nouvelles supérieures à 300m2,
  • la sortie des véhicules par la rue de la Cimballe et non plus par la rue Sainte-Anne comme dans le premier permis.


L’instruction non terminée, les Architectes des Bâtiments de France (ABF) ont rendu un avis défavorable. Les motifs administratifs et techniques invoqués ont alors contraint Histoire et Patrimoine à envisager le retrait de ce deuxième permis avant la fin de son instruction pour en déposer un troisième dans les prochaines semaines.

Entre temps, le Conservateur (représentant de la DRAC) s’est dit convaincu que le projet de restauration d’Histoire et Patrimoine est de qualité et représente le seul espoir concret de sauver le château. À la demande d’Histoire et Patrimoine, celui-ci a accepté de lancer une nouvelle procédure légale dite d’ATMH (Autorisation de Travaux sur Monuments Historiques). Cette procédure permet au ministère de prendre la main sur le projet, avant un éventuel troisième dépôt de PC, et de conduire le projet comme il l’entend. Le permis de construire communal n’a plus alors d’utilité et, localement, la commune n’a plus son mot à dire.

Cependant, l’avis de la commune est nécessaire pour que le Préfet de la région Île-de-France autorise la poursuite de la procédure. L’avis de la commune sur l’ATMH de la DRAC était demandé avant le 22 mars. La nouvelle Municipalité a donc rendu à la DRAC un avis défavorable pour les trois raisons mentionnées ci-dessus plus une quatrième concernant la construction des logements sociaux qui n’apparaissait plus dans l’ATMH.

La Municipalité entend continuer à se faire entendre pour tout ce qui concerne les demandes de permis pour le château afin de les faire progresser, au bénéfice de nos intérêts communaux et réglementaires ainsi que pour celui de nos habitants.


Le 25 mars, le Préfet de la région Île-de-France et le Conservateur de la DRAC ont refusé l’autorisation de travaux spéciale demandée par Histoire et Patrimoine en s’appuyant sur les élément fournis par la commune de Jouars-Pontchartrain ainsi que sur une liste d’éléments techniques fournie par la DRAC et les ABF pour améliorer la restauration. Il semble donc que, si Histoire et Patrimoine souhaite poursuivre le projet, une troisième demande de permis de construire doive être déposée au service urbanisme pour une instruction par la commune.


Enfin, en ce qui concernent le grand parc et les terres agricoles (330 hectares), le propriétaire Monsieur Lagasse, que le maire a rencontré, a confirmé avoir reçu une offre très basse de l’ancienne équipe municipale sans jamais avoir eu l’intention de vendre à la commune.

En effet, une vente était en cours de finalisation sous forme de parts de SCI pour un montant important non encore connu. Cette façon de procéder empêche la commune et la SAFER de préempter ou de s’opposer à la vente.
L’acquéreur est aujourd’hui connu. Il s’agit de Monsieur Matuszewski (le propriétaire fondateur de la société SEPUR). Ce dernier a déjà mis les terres en fermage à son associé l’agriculteur de Plaisir, Monsieur Regnault, que l’équipe municipale a rencontré. Il a permis que nous visitions le parc et les terres. Si ce dernier semble ouvert et collaboratif, il n’y a plus de projet de parc accessible au public si tant est que celui-ci n’ait jamais eu de dimension concrète.

Cependant, la Municipalité actuelle a lancé, par le vote du budget 2021 , un grand projet de parc de détente multi-âges où petits et grands pourront s’adonner à leurs activités favorites. Ce parc sera localisé sur un grand terrain communal, face au château, qui est en cours de défrichage.